Mon PARIS-BREST-PARIS de 1999

ou l'histoire d'une absence

 Retour au sommaire cyclotourisme

Jeudi 26 août 1999, 17H49, Gymnase des Droits de l'Homme, Guyancourt (78)

                Je suis assis sur une chaise au milieu d'une foule bruyante, dans la chaleur, les effluves de transpirations et de pommades relaxantes... Des gens sont là, autour de moi, il fait encore plus chaud. On vient me demander comment je vais, me féliciter... Pourquoi me féliciter? Je suis là avachi sur cette chaise dans un état lamentable; cela n'a rien de vraiment glorieux... On me dit: "60H49". Oui, et alors? Je ne sais même plus ce que je viens de faire durant toutes ces heures. Alors heureusement que cela n'a pas duré plus longtemps: j'aurais eu l'impression de perdre encore plus de temps!

Alors pour ne pas rester sur ces questions, je suis revenu en arrière pour refaire une deuxième fois le parcours...

 

Lundi 23 août 1999, 19H00, Morainvilliers (78)

Vite, il faut aller vite pour se coucher le plus tôt possible.

Calme, il faut rester calme pour s'endormir le plus vite possible.

Dernières vérifications, derniers rangements et je retrouve mon assiette pleine tout en ne pensant qu'à une chose, commencer à m'endormir. J'ai à peine conscience que pendant ce temps ma mère et Sandrine sont en train de terminer le rangement de la voiture. Elles aussi se préparent et je sais qu'elles le feront bien donc je mange mes pâtes et me concentre sur mon lit... il faut que j'en profite, car je vais devoir bientôt l'oublier.Hop, au lit et on attend le sommeil... il se fait toujours désirer dans ces moments-là mais vers 20H00, extinction des feux! Au fait, ce n'était pas mon anniversaire aujourd'hui...? Zzz...

Mardi 24 août 1999, 3H00, Morainvilliers (78)

C'est partit! Mais non, pas encore sur le vélo, ce n'est que le réveil. L'adrénaline fait son effet (je vous assure que c'est tout à fait naturel!) et je me lève d'un bond. J'enchaîne tout comme prévu: salle de bain (et on oublie la salle de bain... désolé!), l'équipement (tout est là... OK), le petit-déjeuner et l'assiette de pâtes juste derrière (question d'habitude...) et en voiture (merci maman...).

Mardi 24 août 1999, 4H00, Gymnase des Droits de l'Homme, Guyancourt (78)

Quelle surprise! Au brouhaha excité de la veille a succédé un calme lourd, chargé de fatigue. Il manque une personne au pointage des badges et ma mère se retrouve au pied levé à côté de ma grand-mère et d'un cyclo échoué là après un problème à quelques kilomètres du départ (ce n'est pas très rassurant...).

"Good morning, your card please..." A 4H00 du matin, ce n'est plus aussi facile!

Mardi 24 Août 1999, 5H00, Gymnase des Droits de l'Homme, Guyancourt (78)

Le départ de 5 heures est rassemblé. On discute, on plaisante un peu... ça bouge... mais ce ne sont que les consignes. On n'entend pas grand-chose et de toute façon, il faudra faire tout le temps attention tant que nous serons nombreux.

"La descente de X est dangereuse..."

Ah bon, mais je me demande combien verront qu'ils y sont.

Cette fois, nous sommes partis et pas très vite en plus. C'est très bien, on sent de l'expérience dans le peloton et c'est rassurant... pas très longtemps malheureusement: les coups de patins déchirent la nuit, sans conséquence au début puis un bruit de chute, là, juste derrière... surtout ne pas se retourner au risque d'aggraver la situation en espérant que ce n'est pas grave. Les avenues se succèdent, les ronds-points aussi, et encore une chute, juste devant, sur le sol mouillé par l'arrosage municipal et du gasoil... Rien de grave manifestement, mais c'est tellement bête.

Et puis la voiture ouvreuse se gare, le peloton s'étire et la chasse aux flèches est ouverte! Pour le moment, il suffit de contrôler que le groupe de devant est sur la bonne route. Ce sera vite bien différent.

Mardi 24 août 1999, 6H30, Gambais (78)

Le jour se lève et le groupe semble petit (à la fin, j'apprendrais l'erreur de parcours d'une partie du peloton). Le rythme est soutenu sans être excessif et je remonte un peu pour moins subir les coups d'accordéon. Même en tête, il règne une ambiance calme, bien différente de la course de 1995.

Mardi 24 août 1999, 9H30, Mortagne-au-Perche (61)

La chaleur arrive et le premier ravitaillement aussi. Comme prévu, personne ne m'attend. Il me reste encore un bidon complet et je n'ai pas très chaud. J'hésite à m'arrêter, je ne vois pas de robinet facilement accessible et j'entends quelques excités presser leurs suiveurs pour repartir tout de suite. Tout va bien, alors je continue avec eux...

Mais ils sont devenus fous! Cette fois, les grandes manœuvres commencent pour faire le ménage. C'est amusant, mais pas avec mon entraînement alors je préfère laisser filer, enlever mon coupe-vent et repartir avec le groupe suivant.

Le rythme me convient bien, le groupe est sympathique et les premiers spectateurs nous offrent déjà de l'eau. Ah oui, de l'eau... il me faut de l'eau, et même beaucoup. Mon bidon se vide vite et je commence à l'économiser; pas plus d'une gorgée par dix minutes pour atteindre le contrôle suivant.

Mardi 24 août, 12H45, Villaines-la-Juhel (53)

Merci Sandrine, merci maman! Vous êtes bien là, souriantes, et la table est prête avec une petite collation. Je ne mangerais pas tout ce que nous avions prévu préférant un litre et demi de Coca-Cola qui suffira à peine à étancher ma soif. Mes compagnons se préparent et nous repartons.

Ouille... je n'arrive pas à le croire! J'ai une crampe... puis une deuxième, et je me dis que c'est stupide de ne pas avoir assez bu. Alors j'avale mes bidons sans économie, attrape toutes les bouteilles de nos chers spectateurs et je récupère. Tout va bien!

Mardi 24 août 1999, 16H45, Fougères (35)

Au moment de quitter Fougères, un grand cyclo torse nu se dresse devant moi. Gratien! Cela me fait très plaisir de retrouver mon petit frère ici. Il est arrivé avec le groupe de jeunes qui participent sur 18 jours à cette grande fête et me raconte ses histoires de chutes, de roues tordues et de genoux fatigués. Hé ben dit donc, les voyages ne forment pas toujours la jeunesse...

Mardi 24 août 1999, 22H30, Loudéac (22)

Pourquoi faut-il que ce second groupe se disloque à Loudéac? La traversée des beaux paysages de la dernière Semaine Fédérale s'est faite avec un Canadien, une Australienne et un Américain plus quelques Français, tous très amicaux. Nous nous entendons à merveille même si l'anglais se fait un peu plus hésitant après quelques 400 km. Pourtant, ils veulent s'arrêter un peu plus longtemps au contrôle. Pour moi, la pause sommeil est prévue bien plus loin et il n'est pas question d'y penser maintenant alors je repars. Un groupe se forme, mais sans conviction et une fois la nuit tombée, me voilà seul. Il y a toujours quelqu'un sur la route, mais les rythmes sont différents et ce n'est pas évident de se regrouper.

Mercredi 25 août 1999, 1H45, vers Maël Carhaix (22)

C'est bizarre, je crois bien que ma voiture suiveuse ne m'a pas doublée... Non, je ne triche pas, Sandrine et ma mère sont aussi contrôleuses sur le parcours et, après chaque contrôle, je les vois me doubler pour les retrouver au contrôle suivant. Mais cette fois, rien... Ce n'est pas bien grave, j'ai suffisamment de choses sur moi pour terminer la nuit, mais rien n'y fait, il y a toujours des questions qui viennent et reviennent.

Et les voilà qui me doublent en trombe. Elles me diront à l'arrivée avoir aider un cyclo en difficulté vers Becherel, la cité du livre. Tout un poème pour elles...

Mercredi 25 août 1999, 2H20, vers Carhaix (22)

Carhaix approche. Un groupe me précède depuis quelque temps roulant à bonne allure. À la faveur d'une côte, me voilà avec eux et, surprise!, j'entends des accents belfortains bien connus. Cela fait bien plaisir de retrouver des amis mais c'est aussi fort déplaisant d'apprendre en même temps qu'ils vont s'arrêter pour dormir. Qu'est-ce qu'ils ont tous à vouloir dormir? Allons Jean-Gualbert, ils sont debout depuis Lundi... C'est bien dommage car cela aurait été bien agréable de rester plus de dix minutes ensemble.

Mercredi 25 août 1999, 4H10, vers Huelgoat (29)

Ma voiture suiveuse me double une fois de plus et je les retrouve quelques centaines de mètres plus loin, arrêtées par un autre contrôleur:

"Vous êtes en infraction, vous ne devez pas être sur le circuit" leur crie-t-on.

"Ah non, nous sommes aussi contrôleurs"

"Ce n'est pas vrai..."

"Hé si, voilà même notre badge!"

"Ah bon, désolé, on ne vous avait pas reconnu..."

Comment voulez-vous dormir avec une telle animation!

Mercredi 25 août 1999, 6h00, en vue de Brest (29)

Vous connaissez la Beauce? Apercevoir la cathédrale de Chartres pendant des kilomètres et ne jamais la voir se rapprocher... Et bien là, les Beaucerons sont battus à plate couture par les Bretons. Seul dans la nuit noire, je vois des lumières au loin que j'imagine être la rade de Brest. Je ne la situe pas là et pourtant ce ne peut être que ça. Alors je me demande si je ne suis pas perdu... et la flèche suivante est terriblement longue à venir me réconforter. Je suis donc sur le bon chemin mais, poufff.... qu'est-ce que c'est long!

Mercredi 25 août 1999, 7H00, Brest (29)

Encore un petit détour (on se demande toujours pourquoi...) et enfin la mer! On ne peut pas dire que ce soit très touristique mais après 600 km, cela n'a plus beaucoup d'importance. Le bonheur d'être arrivé sur le chemin du retour suffit à me combler de joie.

Ma mère et Sandrine ont décidé de venir jusque-là malgré moi. Mais impossible de les retrouver sur le parking. Me voilà donc obliger d'utiliser ce fameux portable pour leur demander de se réveiller et me dire qu'elles sont... à quelques mètres de moi. C'est une histoire de fous cette randonnée!

Mercredi 25 août 1999, 9H15, Roc Trevezel (29)

La montée vers le Roc Trevezel s'étend devant moi. L'aller était beaucoup plus calme. Avec le jour, les camions sont arrivés et cela gâche le plaisir de sentir ses jambes tourner tranquillement au milieu des dernières brumes. Un groupe arrive dans la descente: les Belfortains sont réveillés et ils foncent vers Brest. À peine le temps de se saluer et de m'entendre dire que je suis complètement cinglé (merci, ça fait toujours plaisir!), nous revoilà repartit vers nos destinations respectives. Nous nous reverrons après l'arrivée...

Mercredi 25 août 1999, 15H00, vers Loudéac (22)

Pourquoi n'y a-t-il pas plus de cyclo sur la route? Parfois, je me demande si je ne me suis pas égaré. Certains diront que cela n'aurait rien d'étonnant et pourtant ce n'est pas le cas. Les quelques randonneurs que je vois sont soit trop lents, soit trop rapides. Quelques bonjours, et me voilà à nouveau seul. C'est monotone à la longue. Heureusement que les enfants de Bretagne sont toujours là et leur enthousiasme me donne des ailes.

Mercredi 25 août 1999, 18H20, Tinténiac (35)

C'est avec plus d'une heure et demie d'avance sur mon horaire le plus optimiste (60H00) que j'arrive à Tinténiac. Fougères n'est qu'à 54 km et pourtant je me pose beaucoup de questions. Je ne suis pas très fatigué, mais je me sens barbouillé depuis la nuit dernière. Surtout, je me souviens du calvaire de l'édition précédente où Roger avait dû m'apporter tout son soutien pour me faire parcourir en plus de 2 heures les 20 derniers kilomètres qui nous séparaient de Fougères. En repartant, je demande à mes suiveurs de planter la tente juste avant Fougères pour dormir 2 heures. Je repars en pensant que cela se passera bien puisque j'ai environ 4 heures d'avance sur la dernière fois.

Mercredi 25 août 1999, 21H30, avant Fougères (35)

J'avance vers Fougères et la fatigue s'installe petit à petit, tout comme la crainte de me retrouver à la dérive. Personne avec qui parler; les côtes s'enchaînent et la lassitude me guette. La nuit tombe et les repères s'estompent. Je ne vois pas Fougères se rapprocher et j'en ai vraiment assez quand Sandrine surgit comme par magie au milieu d'une côte. Enfin un peu de repos... Après avoir difficilement avalé un peu de pâtes, je m'écroule sous la tente. La nuit sera agitée avec un orage (super, j'évite la pluie...), des nausées qui m'obligent à sortir la tête dehors pour avoir un peu d'air frais et la crainte de ne pas se réveiller. Cependant, ces 2H30 de sommeil me redonnent une santé et me voilà repartit vers Fougères.

Jeudi 26 août 1999, 00H50, Fougères (35)

La nuit est très calme. C'est un immense plaisir de traverser la Bretagne endormie sous la pleine lune. Les paysages sont d'une beauté étrange, éclairés par une lumière douce et froide. Les sensations éprouvées dans ces moments-là sont uniques. Tout le monde ne partage pas cette idée, mais pour rien au monde je ne laisserais ma place sur mon vélo. Et puis il y a ce moment merveilleux où vous voyez les toutes premières lueurs du jour rougir l'horizon. Cela me fait toujours penser aux magies ancestrales où les chamans dansaient pour faire revenir le soleil ou le printemps. C'est vraiment beau de voir la campagne se réveiller et cela me fait oublier toute fatigue. J'ai encore du mal à manger, mais les jambes tournent toujours aussi bien et je conserve mon avance de 1H30 sur mon meilleur horaire.

Jeudi 26 août 1999, 9H00, Mortagne-au-Perche (61)

Je retrouve mes accompagnatrices au contrôle. La nuit sous la tente n'a pas suffi à combler leur manque de sommeil et pourtant elles sont toujours là aux petits soins, préparant à manger et à boire, complétant mes bidons. C'est vraiment agréable de n'avoir à penser qu'à rouler...

Pour la troisième fois je vois Alexandrine Lamouller (non, Henry depuis peu...) mais pas de trace de son père et de son oncle. Je suppose qu'ils doivent être dans les environs et j'aimerais bien pouvoir rouler avec eux. Un peu de compagnie me ferait le plus grand bien, mais encore une fois je repars seul dans les collines du Perche.

Jeudi 26 août 1999, 13H00, Nogent-le-Roi (28)

D'après le parcours, il ne reste plus que 57km avant l'arrivée. Mon compteur me dit pourtant que je suis déjà aux alentours de 1200 km. Il ne doit pas être aussi bien réglé que je le crois. Les jambes tournent bien mais la lassitude me gagne à nouveau. La route jusqu'à Nogent-le-Roi m'a semblé interminable et la chaleur commence à m'endormir. Je profite du contrôle pour me faire masser les pieds qui sont devenus insensibles (je ne voudrais pas être à la place du masseur...) et je me motive pour la dernière étape.

Jeudi 26 août 1999, 15H00, sur un bord de route (78)

"Vous allez bien monsieur?"

"Oui, oui, pas de problème."

Effectivement, je me sens mieux que cette dame en arrière plan, blanche comme un linge, qui vient de demander à un autre automobiliste de venir voir ce que j'avais. Elle revivait une sale journée de l'an passé où elle avait retrouvé un homme mort sur le bord de la route... Mes explications et mes excuses n'ont pas suffi à la faire changer de couleur.

Mais que faisais-je là, allongé sur le bord de la route? Je m'étais dit qu'une petite pause de 5 minutes me redonnerait un peu de tonus. Mais le sommeil est pernicieux et la pause s'est prolongée un peu... Je repars tout de suite, mais si les jambes tournent toujours bien, il n'en est plus de même pour la tête. Cette fin de parcours est un véritable chemin de croix. Dans ma tête, ce Paris-Brest-Paris est déjà terminé et je ne comprends pas pourquoi je dois encore rouler, surtout que je connais cette route par cœur et qu'il n'y a aucun intérêt à la parcourir une fois de plus. La première voiture qui s'arrêtera et qui me demandera si je veux monter sera la bonne... Je me moque du palmarès, l'essentiel est que je l'ai fait et ce ne sont pas les 30 km restant qui vont changer quelque chose...

Alors je roule, je m'arrête... je vois passer dans un état second plusieurs cyclos avec qui j'ai fait un bout de route: cette femme du RC Anjou, le trio anglophone... À chaque fois, je me dis: "Allez, tu repars". Une fois sur le vélo, je roule correctement, assurant une moyenne de 25 km/h mais au bout de quelques kilomètres, je ne me sens plus le courage de continuer et je recommence mon manège.

Jeudi 25 août 1999, 16H00, le Tartre-Gaudran (78)

Nouvelle pause en haut de la côte du Tartre-Gaudran... une voiture s'arrête et une voix m'appelle... Je crois reconnaître ma marraine, Marie-Thérèse, mais ce n'est pas possible car je sais qu'elle est partie avec Roger se reposer à Autrans dans le Vercors. Comme beaucoup de membre du club, ils se sont occupés de l'organisation du Paris-Brest et c'est particulièrement cruel pour Roger de voir tous ces gens sur leur vélo, lui qui espérait bien le faire pour la 9ème fois et qui est resté cloué au lit par une cruralegie à la fin de sa préparation. Pourtant, quand j'ouvre les yeux, ce sont bien eux qui sont au-dessus de moi. Je leur explique que j'en ai assez fait, que cela ne sert à rien de terminer, mais au fond de moi, il y a déjà quelque chose qui a changé. Je crois bien que je me souviendrais toute ma vie de ce moment-là et je ne les remercierais jamais assez pour leur soutien. Il leur faudra quand même une sacrée dose de persuasion pour me faire repartir surtout que je sombre de plus en plus. La réalité me semble de plus en plus éloignée et le paysage défile devant mes yeux comme un film sur un écran de cinéma.

Je ne comprends pas pourquoi Christian Lamouller est assis à côté de son tandem en bas de la côte de Gambais et encore moins pourquoi Dominique est avec Alexandrine en haut de la côte. Je me demande encore si j'ai réalisé quand il m'a dit qu'ils étaient tombés et que sa clavicule était cassée.

Et je continue...j'essaye d'imaginer que c'est l'arrivée: je vois la route et j'essaye de calquer dessus des éléments qui feraient que c'est la fin. J'en suis à un point où j'imagine qu'en y pensant très fort j'arriverais à transformer l'existant en ce que je désire le plus, voir le gymnase des Droits de l'Homme. Et quand cela arrive vraiment, j'ai un peu du mal à comprendre que cette fois, c'est la bonne!

Jeudi 25 août 1999, 16H49, Gymnase de Droits de l'Homme, Guyancourt (78)

Voilà, je suis arrivé. Fin de l'histoire.

Ce n'est que le vendredi que je comprendrais vraiment ce qui m'est arrivé. Jean-Michel Richefort, le directeur technique de la FFCT, après avoir entendu la description de mes aventures, m'en donna la clé: la DESHYDRATATION. Pour lui, j'ai perdu trop d'eau dans les 220 premiers kilomètres et cette perte était irrécupérable, sauf après deux ou trois jours de repos complet. Les crampes puis les nausées, l'absence de faim, la perte de la vigilance et enfin une perte de 10% du poids de départ, tous les symptômes sont effectivement là. Comme quoi, même avec de l'entraînement, la réussite de cette randonnée peut tenir à peu de chose.

Il n'en reste pas moins que ce fut une nouvelle fois un très beau moment de cyclotourisme, entouré de près par mes différents accompagnateurs. Je leur dois beaucoup car ils ont été tout le temps présents et de bonne humeur (et ce n'est pas facile avec une tête de mule comme moi!) pour me soutenir. J'espère seulement qu'ils auront aussi profité de ces heures si particulières.

J'espère également que je n'aurais effrayé personne pour la prochaine édition. C'est vraiment à la portée de n'importe qui avec un peu d'entraînement et un peu de chance. Et ce serait avec plaisir que je recommencerais dans 4 ans avec Roger...

Allez Roger, ton 9ème PBP, on se le fait tranquille en 89H59!

 Retour au sommaire de la partie "CYCLOTOURISME"

Retour au sommaire de la partie "GENEALOGIE"

Retour au sommaire général